Texte original dans Solidaire de 04/06/1994
Rédaction de cette page-web: Lieven Soete, Brussels, Belgium
Update: 07/12/2002 | 20-02-2008
Retour à la page de départ l'Union soviétique et la 2eGM

Retour au www.marx.be | www.katardat.org
 
L'Union soviétique dans la Deuxième Guerre mondiale
Partie 6

  6.«D-Day» - Le Jour J était le jour décisif...
de la lutte contre le communisme

Lieven SOETE



Contenu
  • C'est en U.R.S.S. qu'Hitler a perdu la guerre
  • En 1944, les Soviétiques avancent vers le coeur de l'Allemagne nazie
  • En 1944, les partisans deviennent une force militaire redoutable
  • Pourquoi l'URSS a payé le plus lourd tribut à la guerre?
  • La guerre d'extermination des nazis en URSS   ...: Ludo Martens
  • La stratégie britannique et américaine des bombardements
  • C'était quoi, ce deuxième front
  • En janvier 1945, Staline vient en aide aux alliés



  • Bill Clinton, président des USA, a inauguré la célébration du Jour J [en mai 1994] par une tape amicale sur l'épaule de premier Berlusconi et de ses acolytes fascistes. 
        Cinquante ans après le Jour J, l'objectif américain est atteint. Les communistes sont chassés du pouvoir dans toute l'Europe et le fascisme a reçu un nouvel habit «démocratique». «Il nous a fallu plusieurs mois pour arriver jusqu'à l'Elbe et encore 44 ans pour libérer Varsovie et Berlin», a déclaré Clinton. 

    Les peuples d'Europe furent évidemment soulagés lorsque, il y a un demi-siècle, les Etats-Unis décidèrent enfin de jeter leur énorme potentiel dans la lutte pour chasser les bourreaux nazis et leur acolytes. Mais les dirigeants américains, britanniques et français, qui envoyèrent leurs troupes débarquer en Normandie, n'avaient nullement l'intention de détruire le fascisme. 

    Le 24 juin 1941, deux jours après l'invasion nazie en Union soviétique, Harry S. Truman (qui allait devenir le président des USA en 1945) écrivait dans le New York Times

    «Si nous voyons que l'Allemagne gagne, nous devons aider la Russie, mais si la Russie gagne, nous devons aider l'Allemagne et qu'elles s'entre-tuent ainsi le plus possible.» (1)
    Pendant trois ans, les impérialistes occidentaux abandonnent presque entièrement les Soviétiques à leur sort dans cette boucherie. Et finalement, en 1944, lorsqu'ils s'aperçoivent que la Russie est en train de gagner, ils viennent en aide à l'Allemagne. 
        Luc De Vos, professeur à l'Ecole Royale Militaire (de Belgique), explique avec compétence et fierté: 
    «Le débarquement en Normandie a renforcé la politique des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. A terme, il préserve l'Europe occidentale du communisme. Le libéralisme économique règnera dorénavant sur la région nord-atlantique d'où elle imposera sa volonté au reste du monde. Le Jour J fut un bouclier contre le communisme.» (2)
    Il est tout à l'honneur de cet homme de parler un langage aussi franc. Car la campagne médiatique est d'ores et déjà un modèle de mensonges et de lavage de cerveaux. 
        Le journal Le Monde tient le pompon: 
    «Craignant l'effondrement de l'URSS, Winston Churchill et Franklin Roosevelt ont déclenché une opération militaire énorme. Elle a contribué de manière décisive à la défaite du nazisme.» (3)

    (1) Karl-Eduard von Schnitzel, Der Rote Kanal, Hamburg 1992, p.308.
    (2) De Morgen, 4 juin 1994.
    (3) Le Monde, 4 juin 1994.
    Les dates dans cette marge à gauche font un lien vers: «Synchronisch overzicht van de belangrijkste gebeurtenissen binnen de CPSU(b), in de Sovjetunie en in de omringende landen» [en néerlandais] par Lieven Soete    
     
     
    1941 | 1942
    1943

    »»» Photos
      C'est en U.R.S.S. qu'Hitler a perdu la guerre

    La première bataille décisive contre le nazisme, le premier tournant dans la Seconde Guerre mondiale fut la résistance héroïque du peuple soviétique contre les hordes nazies, dès juin 1941. 
        Durant les vingt premiers jours de la guerre en Union soviétique, l'armée nazie a perdu plus de soldats et d'officiers que pendant toutes les campagnes en Europe de l'Ouest entre 1939 et 1941. 
        Les généraux allemands avaient prévu six à huit semaines pour en finir avec l'Union soviétique. Kiev et Odessa tiendront 73 jours, Sébastopol 250 jours. Léningrad résiste 900 jours et ne se rend pas. 
        L'«invincible» machine de guerre allemande sera arrêtée pour la première fois devant Moscou en octobre 1941. En décembre de la même année, les Soviétiques lancent leur première contre-offensive. Avec succès: les Allemands sont repoussés de 100 à 350 km. Ils perdent 50 des 783 divisions qu'ils mettent sur pied, eux et leurs alliés, pendant toute la Seconde Guerre mondiale. 
        La victoire près de Moscou a une très grande signification militaire, politique et morale. Jusqu'alors, les Allemands étaient considérés comme une superpuissance invincible. Devant Moscou, l'Union soviétique a prouvé qu'elle était non seulement capable d'arrêter cette force mais qu'elle était aussi en mesure de la briser. 

    Sur les 783 divisions nazies, 607 - plus de trois quarts - furent détruites au front de l'Est.

    Le 2 février 1943 fut le «Jour J» le plus important de la Seconde Guerre Mondiale: la victoire de Stalingrad. Les fascistes y perdirent définitivement la suprématie et l'initiative dans la guerre. Ce fut le retour de l'espoir pour les peuples d'Europe vivant sous la botte nazie. Les partisans rassemblèrent partout leurs meilleures forces pour constituer un redoutable «deuxième front». 

    La gigantesque bataille de chars, près de Koursk, en été 1943, est le plus important événement militaire de la Seconde Guerre. A ce moment, plus de quatre millions de soldats se sont affrontés en Europe de l'Est. 
        Après leur victoire, les Soviétiques lancèrent immédiatement une offensive contre le «Ostwall», la ligne de défense réputée imprenable sur le Dnjepr (large, par endroits, de 900 m) et réussirent à l'investir. La Wehrmacht y perdit un million et demi d'hommes.

     
     
    1944
      En 1944, les Soviétiques avancent vers le coeur de l'Allemagne nazie

    Le 6 janvier 1944, les Soviétiques traversent la frontière polonaise d'avant-guerre. S'ils continuent à la même allure et on ne voit pas ce qui peut les en empêcher ils se trouveront bientôt dans le Reich allemand. 
        Le 19 janvier, Léningrad encerclée, affamée et bombardée depuis 900 jours est libérée. En février-mars, l'Armée rouge repousse de façon décisive les Allemands près de Kiev en Ukraine. 
        La voie vers les Balkans est ouverte et, le 17 mars, les Soviétiques arrivent à la frontière roumaine. 
        Hitler n'a plus confiance en ses alliés surtout après le renversement de Mussolini en juillet 1943. Les troupes allemandes occupent la Bulgarie et renforcent sensiblement leur présence en Roumanie.

     
     

      En 1944, les partisans deviennent une force militaire redoutable

    En Biélorussie, ils contrôlent plus de 60% du territoire. Lorsque l'Armée rouge lance son offensive définitive, en juin 44, en direction de la Pologne et de l'Allemagne, ces partisans constituent une force militaire décisive. 
        En mai 1944, les partisans de Tito conquièrent Zaghreb, la capitale de la Croatie "indépendante". 
        Le 3 mars, une grève générale éclate en Italie du Nord, occupée par les Allemands. Six millions d'ouvriers et de paysans répondent à l'appel du journal communiste clandestin Unita Proletaria. 
        Le 18 mai 1944, Maurice Thorez, le dirigeant des communistes français, lance à la radio un appel à l'insurrection armée. La situation est favorable: de plus en plus de troupes allemandes (et des troupes françaises d'appoint) sont envoyées au Front de l'Est. Les partisans contrôlent des régions étendues en France.

     
     
        En 1944: Jour J, dernière chance contre les communistes

    Attendre davantage aurait pu être fatal aux impérialistes britanniques et américains. L'effet conjoint de l'avancée de l'Armée rouge et de la force militaire et politique croissante des partisans et des communistes pouvait transformer l'Europe en un continent bolchevique. Il fallait donc intervenir pour empêcher l'écrasement des forces réactionnaires en Allemagne nazie et dans le reste de l'Europe. 

    Lors du débarquement en Normandie, le chef de l'opération, le général Eisenhower, lance un appel urgent à la population française pour cesser immédiatement toute lutte armée et obéir aux ordres de l'occupant allemand! Une véritable trahison et une déclaration de guerre au peuple français! Heureusement pour des milliers de soldats et de parachutistes américains, britanniques, canadiens et français, les partisans n'ont pas suivi cet ordre. Des dizaines de petites villes et des centaines de villages de Normandie étaient déjà aux mains des partisans au moment du débarquement. 

    L'avancée des troupes alliées occidentales se déroulait péniblement. Pourtant, seules 60 divisions allemandes, équipées seulement à 70% et composées principalement de vieux soldats, étaient disponibles. La stratégie des Américains et des Britanniques était de ne pas affronter vraiment les troupes allemandes mais de les refouler tout en les épargnant le plus possible. Ainsi, pendant l'offensive occidentale, les Allemands pouvaient encore se permettre d'envoyer des renforts sur le Front de l'Est. 

    En France puis au Luxembourg, en Belgique et aux Pays-Bas, les peuples ont évidemment accueilli avec joie les libérateurs américains, canadiens et britanniques. Mais rapidement il fallut abandonner l'espoir que la fin de l'oppression fasciste serait le prélude à une nouvelle société, dans laquelle la guerre, l'exploitation, le racisme et l'oppression seraient définitivement éliminés. Les caractéristiques les plus rébarbatives du fascisme ont été camouflées. Mais l'Europe occidentale est à nouveau tombée sous l'emprise solide du capitalisme. Le 6 juin 1944 fut en effet, de ce point de vue, un "jour décisif"..

         

      Pourquoi l'URSS a payé le plus lourd tribut à la guerre?

    14,5 millions de soldats soviétiques sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale: 

    • 9,5 millions sur le «front de l'Est» en Europe et 
    • 2 millions en Extrême-Orient dans la guerre contre le Japon; 
    • 3 millions de soldats russes sont morts dans les camps. 
    Parmi les civils, on dénombre 7 millions de victimes, dont 1 million de Juifs. 

    En Allemagne, 2,85 millions de militaires et 2,3 millions de civils ont été tués. 
    La Grande-Bretagne a perdu 271.311 soldats et 60.595 civils; 
    la France, 210.000 militaires et 400.000 civils, dont 240.000 dans les camps; 
    les Etats-Unis, 292.100 militaires; 
    la Belgique: 9.561 militaires et 75.000 civils; 
    les Pays-Bas: 13.700 militaires et 236.300 civils; 
    l'Italie: 279.820 militaires et 93.000 civils; 
    le Japon: 1,5 million de militaires et 300.000 civils; 
    la Chine: 1,3 million de militaires et plus de 10 millions de civils (1).

     
     

      La guerre d'extermination des nazis en URSS

    «Lorsqu'on parle de la Seconde Guerre mondiale, il faut toujours se rappeler qu'en fait, il n'y a pas eu une seule guerre, mais plusieurs. La guerre que menaient les impérialismes anglo-américain et français contre leur concurrent allemand n'avait pas grand-chose en commun avec la guerre nationale antifasciste qu'a livrée l'Union soviétique. La guerre en Occident avait été une guerre entre deux armées bourgeoises. Dans le combat contre l'invasion hitlérienne, la classe dirigeante française ne voulait et ne pouvait pas mobiliser et armer les masses travailleuses pour une lutte à mort contre le nazisme. Après la déroute de ses troupes, Pétain, le héros de la Première Guerre mondiale, signa l'acte de capitulation et entra d'un pied léger dans la collaboration. Presque en bloc, la grande bourgeoisie française se rangea sous les ordres d'Hitler, essayant de tirer le meilleur parti de la Nouvelle Europe allemande. La guerre à l'Ouest restait, en quelque sorte, une guerre plus ou moins "civilisée" entre bourgeois "civilisés". 

    Rien de comparable en Union soviétique. Le peuple soviétique dut faire face à une guerre d'une tout autre nature. Et un des mérites de Staline est de l'avoir compris à temps et de s'y être préparé en conséquence. 
        Avant le début de l'opération Barbarossa, déjà, Hitler avait clairement annoncé la couleur. Dans son Journal, le général Halder a consigné des notes d'un discours qu'Hitler a tenu devant ses généraux, le 30 mars 1941. Le fürher parlait de la guerre à venir avec l'Union soviétique. 

    «Lutte de deux idéologies. Jugement écrasant au sujet du bolchevisme: il est comme un crime asocial. Le communisme est un danger effrayant pour l'avenir. (...) Il s'agit d'une lutte d'anéantissement. Si nous ne prenons pas la question sous cet angle, nous battrons certes l'ennemi, mais, dans trente ans, l'ennemi communiste s'opposera de nouveau à nous. Nous ne faisons pas la guerre pour garder notre ennemi. (...) Lutte contre la Russie: destruction des commissaires bolcheviks et de l'intelligentsia communiste.»
    On aura remarqué qu'il est question ici de îsolution finaleì mais point envers les juifs. Les premières promesses de guerre d'ìanéantissementî et de destruction physique étaient adressées aux communistes soviétiques. 
        Et effectivement, les bolcheviques, les Soviétiques ont été les premières victimes des exterminations de masse. 
        Le nombre de prisonniers de guerre soviétique morts dans les camps de concentration, "en cours de déplacement" ou "dans des circonstances diverses" se chiffre à 3.289.000 hommes! Il peut y avoir eu 5.000.000 de prisonniers assassinés, si l'on tient compte des soldats soviétiques "simplement abattus sur place" au moment où ils se rendaient. 
        Ainsi, les premières campagnes d'extermination, les plus vastes aussi, ont été dirigées contre les peuples soviétiques, dont le peuple juif soviétique. Les peuples de l'URSS ont le plus souffert, ont compté le plus grand nombre de morts 23 millions mais ils ont aussi fait preuve de la plus farouche détermination et de l'héroïsme le plus ardent.» (2) 


    [1] Grand atlas de la Seconde Guerre mondiale, Larousse - The Times, 1990, p. 205. 
    [2] Extrait du livre de Ludo Martens, Un autre regard sur Staline, EPO 1994, p. 268 - 269.
     
     
    1944| 1945   La stratégie britannique et américaine des bombardements

    Le point de départ de la stratégie militaire soviétique était: briser la force militaire des fascistes; neutraliser le plus possibles d'armements et de soldats ennemis; ne pas leur donner de chance de se retirer et de se regrouper ailleurs. La stratégie des impérialistes, au contraire, était d'épargner le potentiel militaire allemand, afin qu'il puisse être engagé à l'Est. C'est également pour cette raison qu'ils ont attendu si longtemps avant de débarquer en France et d'ouvrir un second front sérieux. 
        Les aviations américaine et britannique on organisé un véritable concours à qui bombarderait le plus de villes allemandes. Ces bombardements visaient avant tout les populations civiles, soi disant pour briser le moral du peuple allemand. Les installations militaires et industrielles de l'Allemagne ont été épargnées jusqu'au milieu de 1944, quand ils ont essayé de transformer en désert industriel la zone qui allait être occupée par les Soviétiques. 
        Sur les 2,3 millions de tonnes de bombes déversées en 44-45 sur le Reich, seules 843.273 tonnes (37%) visaient les transports, les installations militaro-industrielles, les aéroports et les bases militaires. Tout le reste étaient des bombardements «en tapis» sur les grandes villes (surtout au moyen de bombes incendiaires) (1). 

    Au cours des trois années durant lesquelles Staline a insisté en vain pour qu'on allège la pression sur le front de l'Est en ouvrant un sérieux deuxième front, les bombardiers américains et britanniques n'ont pas voulu briser la force militaire et industrielle de l'Allemagne. 
        Résultat: en 1944, la production de guerre allemande était de 280% supérieure à celle de 1942. En 1944 l'Allemagne a construit 38.000 avions, contre 25.000 en 1943 et 15.000 en 1942. En 1944, l'Allemagne a su produire 622.000 chars, contre 369.000 en 1943 et 140.000 en 1942 (2). 
        Le problème n'était pas qu'on ignorait où se trouvaient les usines d'armement, mais qu'on ne voulait pas. Ces tanks et ces avions servaient en effet à combattre les bolcheviques. 

    Pour le débarquement du Jour J, les alliés occidentaux ont également commencé par bombarder systématiquement la Normandie. La cité médiévalle de Caen a été inutilement réduite en cendres. Il y avait relativement peu de troupes allemandes dans ce secteur. La ceinture de défense côtière était quasiment intacte au moment où les troupes ont débarqué. Ces bombardements ont surtout eu un effet de terreur sur les partisans locaux. 



    [1] Grand atlas de la Seconde Guerre mondiale, Larousse - The Times, 1990, p. 139. 
    [2] G. Déborine, La Deuxième Guerre mondiale, Moscou, p. 349.
     
     
    1942   C'était quoi, ce deuxième front

    Le 26 mai 1942, un pacte d'assistance mutuelle est conclu à Londres entre la Grande-Bretagne et l'URSS. Il y est écrit: «En ce qui concerne la tâche urgente d'ouvrir un second front en Europe dans le courant de l'année 1942, un accord complet a été trouvé». 
        Le 11 juin 1942, un traité soviéto-américain est signé. On y lit à nouveau la même phrase (1). 

    Cette «tâche urgente» sera pourtant reportée de deux ans. Le 6 novembe 1942, Staline écrit: 

    «Comment expliquer que les Allemands ont cependant réussi cette année à prendre en main l'initiative des opérations militaires et à remporter de sérieux succès tactiques sur notre front? Cela s'explique par le fait que les Allemands et leurs alliés ont pu rassembler toutes leurs réserves disponibles, les lancer sur le front est, et s'assurer dans une des directions un avantage numérique considérable. () L'absence d'un deuxième front en Europe leur a permis de réaliser cette opération sans courir le moindre risque. () Des 256 divisions que compte actuellement l'Allemagne, il y a sur notre front au moins 179 divisions allemandes. Si l'on ajoute 22 divisions roumaines, 14 divisions finlandaises, 10 divisions italiennes, 13 divisions hongroises, 1 division slovaque et 1 division espagnole, il y aura au total 24 divisions qui se battent actuellement sur notre front. Le front de Libye retient au total 4 divisions allemandes et 11 divisions italiennes» (2).
     
     
    1945   En janvier 1945, Staline vient en aide aux alliés

    Quel contraste avec l'attitude de l'Union soviétique face à ses alliés. 
       En décembre 44, les Américains sont bloqués dans les Ardennes. Il faut dire qu'ils s'occupent davantage de magouilles politiques belges en vue d'écarter les communistes, que d'opérations militaires. 
       Le 16 décembre, à la stupéfaction générale, les Allemands lancent l'opération Von Rundstedt. Le front allié est brisé et les Allemands avancent jusqu'à Liège et Dinant. Ils menacent d'isoler une partie importante des troupes britanniques et américaines. Les alliés ne s'avèrent pas capables d'arrêter l'offensive. 
       Le 6 janvier 1945, Churchill adresse un appel pressant à Staline, lui demandant de lancer une offensive afin de réduire la pression allemande en Belgique. L'armée soviétique a justement derrière elle une grande offensive d'hiver et le temps est très mauvais. 
       Le 12 janvier, les Soviétiques lancent malgré tout une offensive sur tout leur front, de la côte balte aux Carpates. C'est déjà, en soi, un chef-d'oeuvre d'organisation et de suprématie militaire d'avoir réussi ce tour de force en cinq jours. Hitler décide alors de se retirer en défense sur le front occidental et de déplacer les unités ainsi libérées vers le front de l'Est (3).
       Fin janvier, les Britanniques et les Américains peuvent reprendre leurs positions. 



    (1) Karl-Eduard von Schnitzler, Der Rote KANAL, Hamburg 1992, p. 309. 
    (2) Staline, Oeuvres, Tome XVI, Paris 1975, p. 60-61. 
    (3) G. Déborine, La Deuxième Guerre mondiale, Moscou, p. 390-393.